La sanction infligée à Alain Duhamel lui interdisant d'exercer son métier de journaliste jusqu'à la fin de la campagne électorale est grave et inquiétante.
Quelques jours seulement après le procès de Charlie Hebdo au cours duquel la liberté de la presse a été défendue comme un principe inaltérable et inviolable, le couperet est tombé sur Alain Duhamel pour avoir dit, hors antenne, qu'il voterait volontiers pour François Bayrou.
Deux conceptions de la liberté ? Oui, à l'évidence. Surtout lorsque l'on examine le comportement qui fut celui du journaliste.
C'est au cours d'une réunion entre étudiants de Sciences Po qu'il a confié sa préférence. Ce qu'il ignorait c'est qu'une caméra filmait discrètement son dialogue avec les étudiants. Celui-ci a ensuite été publié sur internet. C'est précisément là que réside le premier risque.
Il n'est pas acceptable que se développe ainsi l'usage de filmer les gens à leur insu et de faire usage par la suite des images volées.
Le droit à l'image fait partie de la protection de l'être humain et les dérives de notre société en ce domaine doivent être rapidement stoppées.
Le second risque touche à la liberté d'opinion. Qu'un journaliste, éditorialiste, ne puisse lors d'une conférence extérieure à son activité, exprimer son intérêt pour tel ou tel candidat paraît invraisemblable. Combien de ses confrères ont clairement fait part de leurs préférences politiques au travers d'éditoriaux parfois virulents, sans déclencher contre eux la moindre sanction.
Alors, est-ce parce que ce journaliste avait choisi François Bayrou, celui qui dérange l'ordre établi et dénonce les relations presse/puissances économiques ...

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