La décisionde la gauche parlementaire (PS + PC) à l'Assemblée Nationale de déposer 137 449 amendements lors de la discussion du projet de loi de fusion de GDF et de SUEZ est absurde.
Absurde parce qu'elle rend matériellement impossible l'organisation d'un débat démocratique et serein à l'intérieur de l'hémicycle (il devrait durer un an !) ;
Absurde parce qu'elle n'a pas pour objet de renforcer la démocratie et le débat à l'Assemblée Nationale mais très précisément de paralyser le fonctionnement du Parlement et d'empêcher tout débat (on croyait la gauche française plus démocratique !) ;
Absurde parce qu'elle va provoquer l'utilisation par le Gouvernement de l'article 49-3 de la Constitution et aboutir ainsi à l'adoption de la Loi... sans aucun débat (on croyait la gauche française plus intelligente) ;
Absurde parce qu'elle va permettre au Gouvernement et à sa majorité, profondément divisés sur le sujet, de faire croire à son unité sans avoir à exprimer le moindre vote et à masquer ainsi le renoncement de Monsieur SARKOZY à la parole donnée il y a deux ans ("GDF ne sera pas privatisée") ;
Absurde enfin parce que la gauche aura ainsi montré d'une part qu'elle aura abouti à l'effet inverse de celui qu'elle recherchait, et d'autre part fait croire qu'elle était de connivence avec le Gouvernement en lui facilitant à ce point la tâche (on croyait la gauche française plus fin stratège).
On pourrait ainsi trouver 137 449 raisons pour lesquelles la décision de la gauche est absurde.
Mais il y en a 1 pour laquelle cette décision est utile !
Elle prouve de façon éclatante que la réforme de nos institutions est urgente, que le Parlement est devenu un théatre de marionnettes qui n'a plus, ni le pouvoir de créer la Loi, ni celui de contrôler le Gouvernement, ni même le simple droit d'être un lieu respecté de débat utile, démocratique et indépendant.
La réforme nécessaire passe par la suppression, dans le Constitution, de l'article 49-3 (adoption sans vote) et de l'article 38 sur les ordonnances, par la maîtrise par le Parlement de son ordre du jour, par le renforcement de ses pouvoirs de contrôle... en un mot, par la réhabilitation du rôle du pouvoir législatif pour qu'il redevienne le lieu où les représentants du peuple préparent et votent la Loi. Il en est si loin aujourd'hui !
Cette réforme et ces mesures sont celles depuis longtemps proposées par François BAYROU qui l'a répété lors de l'Université d'Eté de l'UDF.
Elles sont indispensables pour faire revenir les français vers les urnes.

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